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Robert Cadot

Expositions

Du 1 février 2023 au 26 février 2023

Gratuit

Robert Cadot
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Habiter la forêt jusqu'à ce qu'elle m'habite

 L'artiste

Bachelier en arts avec spécialisation en études littéraires, Robert Cadot détient aussi un certificat de premier cycle en peinture. Peintre depuis 1975, il a réalisé quelques centaines de tableaux et a participé à plusieurs expositions, en solo et en groupe, au Québec ainsi qu'à l'étranger. En plus de la peinture, Robert Cadot a réalisé des illustrations pour diverses revues et livres, des murales et des publications.

 Plusieurs collectionneurs privés et instances gouvernementales ont acquis ses œuvres tels que le musée Pierre-Boucher, la Laurentienne Générale, la Chambre des notaires du Québec, la firme d’avocats Bélanger, Sauvé et associés et la MRC de la Matawinie.

Cet artiste a une approche symboliste contemporaine. Un fil relie les projets contigus, une intention tenace, celle d'ouvrir une fenêtre sur l'intemporalité. Des plans fluides, des personnages souvent très chimériques, une terra incognita, une géométrie parfois aléatoire, habitent les surfaces de ses œuvres.  

Parmi les principaux projets réalisés jusqu'à présent il y a Les verres volants, exploration de la transparence et d'univers surréalistes; Tarokado, vingt-deux grandes toiles et cinquante-six dessins sur la thématique du tarot; Le secret de l'île, une vingtaine d'œuvres aux formes irrégulières axées autour de la symbolique de l'île, invitation au voyage dans l'univers de certains mythes et légendes; Les portes secrètes, langage pictural plus architectural et plus ludique grâce à l'apport d'éléments mécaniques; D'heures en heures, rouleaux de toiles aux extrémités ayant la forme de papyrus; Courbes droites, une étude de la transparence et de la réflexion; suivit Rencontre, parcours s'imprégnant de l'histoire de l'art, s'en inspirant pour créer des recoupements entre divers grands maîtres. Il s’agit d’une refonte d'éléments classiques, investis pour mettre en perspective un petit musée imaginaire légèrement surréaliste.

Ses projets plus récents sont: Pots de fleurs, tourbillons et autres extravagances, puis Hommage à l'Ukiyo-e explorent pour le premier la mouvance des fluides dans l'espace et le regard pressenti des fleurs elles-mêmes sur cette mouvance, tandis que le second cherche à rendre hommage à cette évocation du monde flottant et éphémère telle qu'ont su l'élaborer les maîtres de l'Ukiyo-e. Suite à cela, Robert Cadot a aussi complété une série d'œuvres intitulée Sur les traces de Caissa, échiquiers inscrits dans différents espaces.

 Habiter la forêt jusqu’à ce qu’elle m’habite est l’un de ces trois derniers projets où il insiste sur un monde où les arbres servent de relais à l'essentiel. Il travaille aussi sur un projet combinant citations et illustrations de livres, qui occupent l'avant-plan de paysages éthérés ou d'intérieurs aux cloisons décloisonnantes nommé Livres et mondes sous-jacents ainsi que sur le projet  Les visiteurs qui propose des itinéraires, une avancée, malgré les risques, afin d'être à l'écoute des éléments.


L'exposition


Le projet d’exposition Habiter la forêt jusqu’à ce qu’elle m’habite provient d’une fascination que possède Robert Cadot envers la forêt.

Elle a de quoi surprendre. Comment ne pas se ressourcer à son contact? Elle est faite d'étages, visibles et invisibles, explorant le sous-sol, écoutant les ondes du ciel, se balançant selon le vent. Elle sculpte constamment de nouvelles formes, souffle des mots entre les branches, et se meut pas à pas, en hauteur surtout. Elle est source de paix et de grandes frayeurs, abrite autant qu'elle peut désorienter. Elle pourvoie, guérit, rééquilibre, piège parfois. Elle a une âme, une âme connaissant tout de la patience, du rythme des saisons, de l'évocation des chants anciens. Elle enseigne, pour peu qu'on y prête attention, que l'harmonie doit primer sur les grands projets de démolition, que la vie dépend de l'eau, du soleil, de la terre, et du respect profond d'un équilibre essentiel à la survie.

La forêt est la maison de tant d'espèces. D'étonnantes routes sillonnent son espace. Des volatiles, aux cervidés, aux bestioles en tout genre y logent et s'y déplacent, y accomplissent leur mission. On y entend la vie en son sein, tout autant qu'on y capte la peur, celle du faux pas, celle du prédateur. Elle est si luxuriante, profuse, grandiose, et puis, elle est aussi une roue, cette forêt, s'activant par poussées sur le chemin du temps. Chaque arbre est un rayon de cette énorme roue, un rayon à antennes, agencé sur un cercle fluide. Les arbres sont en fait aux contours de cette roue, et ils tendent l'oreille et relaient toute stance captée. Leur rôle est donc primordial, si nous pensons pouvoir un jour retrouver notre chemin.

La forêt rectifie donc nos égarements, nos courtes vues. Elle nous regarde aller avec nos engins à pétrole, saccageant tout, et elle sait que nous n'avancerons pas ainsi. Elle le sait, parce qu'elle, elle a pris le temps de réfléchir. C'est sans doute sa façon de palper l'air de ses grands bras, sa manière d'accueillir la lumière, qui lui a permis d'acquérir cette infinie sagesse. En tout cas, elle semble bien en avance sur toutes nos gesticulations. Se laisser habiter par l'âme de la forêt nous guérirait peut-être un peu de l'étroitesse de nos graphiques, de nos budgets qui nous gangrènent, de nos égo­ mégapoles tentaculaires. Son esprit peut croître en nous. Il n'y a pour cela qu'à tendre les bras nous aussi, palper l'air, et puis capter les stances à notre tour.